Le dimanche 10 juin, l’équipe de ToïToïToï a eu le plaisir de discuter avec Charlie Boisseau dans le cadre de sa participation au plateau collectif d’artistes organisé à Mondeville, en Normandie, en soutien à l’association Grégory Lemarchal. Avant que les balances ne commencent sur le parking où est montée la scène, Charlie nous a gentiment accordé un petit peu de son temps pour une interview.
Charlie Boisseau
S’il est entré dans le monde du spectacle vivant en interprétant un des personnages phares de la mythologie médiévale, le chevalier Lancelot dans « La Légende du Roi Arthur » ; Charlie avait dévoilé son talent aux téléspectateurs français grâce à la troisième édition de l’émission The Voice pendant laquelle chacune de ses prestations avait été particulièrement relayée par le public et les médias.
Depuis, l’évolution artistique et professionnelle de Charlie est très touchante et intéressante puisque le maître-mot pour la caractériser est sans nul doute l’Authenticité.
De fait, après avoir incarné le rôle du passionné Lancelot et être parti à la rencontre des publics français, suisse et belge dans le cadre de la tournée du spectacle, il s’est lancé un nouveau défi en solo avec ce premier opus qu’est « Acte I ». Un album qui dévoile intimement et immédiatement sa « patte » artistique d’interprète : efficace, sobre et raffiné à la fois. Toute l’amplitude de sa voix y est mise en valeur et portée par des accompagnements instrumentaux entraînants, ce qui lui permet de chanter des titres percutants tels que « Les gens de la lune » ou « Jonathan » avec une douceur qui leur donne une dimension émotionnelle exceptionnelle.
Incontestablement, Charlie se distingue dans notre paysage musical et audiovisuel actuel, et cela fait du bien : « à quoi bon s’enrichir sinon de sentiments ? » déclare-t-il dans le titre « Si tu crois », comme un leitmotiv qui berce l’ensemble de l’album.
C’est donc à la rencontre d’un artiste en plein envol que nous sommes partis, pour discuter de son univers, son expérience au sein d’une comédie musicale, et sa sensibilité artistique :
ToïToïToï: Vous avez commencé à suivre une formation artistique à Alès; qu’est-ce qui a déclenché votre passion pour la musique et votre envie d’en vivre?
– J’ai fait treize ans de piano classique, quand j’étais petit. Mon père était musicien, ma mère jouait un peu de piano, mes grands-parents chantaient. J’ai toujours baigné dans la musique grâce à ma famille, mais moi de mon côté j’ai fait du piano classique sans jamais chanter. Puis à l’âge de vingt ans, j’ai vu une vidéo de Justin Bieber avant même qu’il ne soit connu, quand il était tout petit ! Sa guitare était plus grande que lui sur la vidéo ! Il chantait « Cry me a River » et tout de suite, je me suis dit « Wouah ça déchire, en plus ça a l’air tout simple ! ». Alors j’ai regardé ses doigts, comment il les plaçait sur les cordes; j’ai pris la guitare de mon père et je m’y suis mis de manière totalement autodidacte. Je ne suis pas grand guitariste du tout, mais ça m’a permis de m’amuser, de découvrir, mais jusqu’alors sans jamais chanter. Mon meilleur ami chantait lui ; il ne se produisait pas mais il chantait tout le temps, dans sa salle de bain et dans les couloirs du lycée. Un jour il est venu chez moi, il y a quatre ans maintenant, et m’a dit « Charlie, tu fais de la musique depuis que tu es gamin, je suis persuadé que tu sais très bien chanter, chante-moi une chanson ». Donc j’ai choisi une chanson d’Amy Winehouse : « You Know I’m no good » et il m’a filmé. J’étais sur mon canapé chez moi et lorsqu’il m’a montré la vidéo j’ai trouvé ça complètement fou, parce que je chantais juste et ça m’a vraiment étonné ! Il m’a dit que c’était super et m’a proposé de la partager, donc j’ai créé une page Youtube, et l’y ai postée. Au début il n’y avait pas plus de trois ou quatre vues, mes copains ! Et The Voice m’a contacté …

 
ToïToïToï: C’est donc la production de l’émission qui vous a repéré suite à la diffusion de cette vidéo impromptue ?
– Exactement, c’est The Voice qui m’a appelé, je suis monté à Paris et j’ai passé plusieurs étapes de casting. Je suis arrivé aux Auditions à l’Aveugle en ayant bien conscience du fait que c’était la première fois que je chantais dans un micro. C’est à ce moment-là, quand tu entends le public crier, que tu prends une claque émotionnelle. En plus, c’est particulier The Voice : par les lumières, le principe des coachs qui se retournent, toutes les émotions sont décuplées. Et c’est à ce moment-là que je me suis dit que je voulais faire ça toute ma vie. J’étais infirmier à la base, et je m’éclatais dans ce métier, mais la passion prime. Si j’ai la chance d’en vivre, je veux le faire le plus longtemps possible !

ToïToïToï: Vous faites justement partie des révélations de l’émission The Voice, de quelle façon ça a pu influencer sur votre vie artistique et professionnelle ?
– A la sortie de l’émission, un mois après, j’ai reçu un coup de fil de Jeff Barnel, mon producteur actuel. Il m’a dit avoir beaucoup aimé ce que j’avais fait dans l’émission et m’a proposé une rencontre pour que l’on travaille ensemble. Je suis allé chez lui, il a été très sympathique et m’a parlé de son parcours. Il a travaillé avec Dalida, Claude François … De grandes figures de toute une époque avec lesquels il a collaboré pour des chansons grandioses, magnifiques. Naturellement, je lui ai accordé ma confiance et il m’a accordé la sienne. On a commencé à travailler ensemble, je lui ai fait écouter ce que je composais. Il est lui-même compositeur mais finalement, il ne compose presque plus pour moi, parce qu’il aime ce que je propose. C’est une chance, on s’amuse beaucoup. Après avoir rencontré Jeff, Dove Attia m’a contacté pour me proposer le rôle de Lancelot dans « La Légende du Roi Arthur », que j’ai interprété pendant près d’un an et demi.

ToïToïToï: Que vous a apporté cette expérience au sein d’une comédie musicale: la vie de troupe, le contact avec différents publics, l’approche de plusieurs salles de spectacle, etc. ?
– Ça a été une aventure incroyable, hyper enrichissante. Je dis toujours que The Voice m’a appris à chanter et « Le Roi Arthur » m’a appris la scène. Avant The Voice, je me cachais derrière ma guitare. Bon… je continue toujours un peu; dès qu’on me demande de chanter autrement que derrière ma guitare, je propose derrière un piano ! C’est vrai que l’inverse n’est pas ce que je préfère: je préfère inclure les gens dans ma bulle. Je ne ressens pas le besoin particulier de danser, donc « Le Roi Arthur » m’a vraiment appris à me mouvoir et m’approprier la scène. La vie de troupe aussi, c’est quelque chose. On a eu la chance de pouvoir sillonner les plus grandes routes de France. « La Légende du Roi Arthur » a été une chance unique.

ToïToïToï: Vous poursuivez désormais votre carrière en solo avec votre premier album « Acte 1 ». En l’écoutant, on se rend compte que les thématiques de la vie, des sentiments et de l’amour sont récurrentes : que souhaitez-vous partager avec votre public grâce à cet album ?
– Quand j’ai sorti le single « J’en ai des tas », tout le monde me demandait « Pourquoi ce premier titre ? ». Je répondais simplement qu’il s’agit de la plus belle des cartes de visite me concernant. C’est celle qui, en trois minutes, arrive à montrer aux gens qui je suis artistiquement ; c’est tout à fait moi. Il y a de la guitare, du piano, des éléments électroniques et surtout une mélodie qui va de haut en bas. L’ensemble de l’album est pareil. Il est la plus belle des cartes de visite dans le sens où je veux que les gens me découvrent avec lui. Parfois, en interviews, les gens ont du mal à dire que mon album parle d’amour, comme si leurs lecteurs en avaient marre de lire ça. Pourtant c’est dommage, c’est ce qui inspire le plus, que ce soit l’amour dans une relation sentimentale, dans une rupture, l’amour filial, l’amour familial, l’amour d’autrui et même le désamour. Il faut savoir que ce n’est pas moi qui écris les textes, je travaille avec plusieurs auteurs. Je choisis les thèmes : par exemple pour la chanson « Perdue », c’est moi qui ai appelé mon père en lui demandant de réfléchir à une chanson sur l’amnésie. Je ne sais pas pourquoi, je ne l’ai jamais vécue, mais je savais que je voulais interpréter une chanson qui en parle, avec pour fil conducteur les suites d’un accident. Il y a aussi d’autres chansons comme « Naufragé » qui parle d’une histoire tragique, « Jonathan », « J’essaie », « Si tu crois » … Il y a beaucoup d’amour, mais pas que.

ToïToïToï:  C’est donc un album qui vous ressemble pleinement, dans ses textes comme dans sa forme artistique ?
– Ça me paraissait important, pour un premier album, d’arriver à poser ne serait-ce qu’une petite empreinte. Le lendemain de sa sortie, j’étais déjà en train de repérer ce qui me paraissait être des défauts, des erreurs, et tant mieux ! Cet album me plait avec ses qualités, et ses défauts, y compris ceux que je suis peut-être seul à trouver. Il fait partie de mon histoire maintenant.

ToïToïToï: Dans la chanson « J’essaie », vous chantez justement « J’essaie de vivre comme une chanson qui se fout de l’air du temps ». Dans quelle mesure cette formule pourrait-elle s’appliquer à votre album ? Si vous deviez l’ancrer dans une orientation musicale, laquelle serait-ce ?
– Ça fait quelques années que la variété française est bannie, comme si le mot de « Variété » était interdit puisque renvoyant nécessairement à du ringard, du passé. Je ne suis pas d’accord avec ça. Pour moi Vianney, par exemple, est venu avec de la chanson française et c’est ce qui a plu à son public. A l’heure d’aujourd’hui, tout ce qu’on entend à la radio est majoritairement urbain et personnellement j’adore, ça ne m’empêche pas du tout d’en écouter. Mais il nous manque de la chanson française, des mélodies qui portent la voix et des textes, surtout des textes. Il y a certaines chansons avec de super textes, mais selon moi il n’y en a pas assez. C’est pour ça qu’il était important pour moi de présenter mon album en ayant des choses à y dire, et la phrase « J’essaie de vivre comme une chanson qui se fout de l’air du temps » représente exactement mon album et cet état d’esprit. Je ne veux pas faire comme les autres parce que c’est à la mode. Si l’air du temps est tourné vers l’urbain; moi je propose un album de variété qui me correspond.

ToïToïToï:  Comment envisagez-vous la suite de votre carrière, vos projets ?
– Tout ce que je peux dire, c’est que vous allez passer un été avec une belle surprise…

En attendant d’en découvrir davantage, nous vous invitons à découvrir le nouveau single de Charlie : « Tellement Belle (Auf Wiedersehen)». Un titre qui oscille entre gravité et légèreté avec un rythme dansant: un parfait équilibre pour bercer cette fin de printemps.
Fidèle à son envie de partage avec son public, Charlie nous en propose deux illustrations. La première est celle du clip officiel, porté par une esthétique de contrastes de lumières et de couleurs assez envoûtante. La seconde nous plonge dans les coulisses de l’enregistrement et la création du single, avec des images en studio.
Foncez réserver vos places pour le concert annoncé le 14 novembre prochain à l’Alhambra: http://www.alhambra-paris.com/charlie-boisseau-lo2312.html

Merci Charlie pour cet entretien, ToïToïToï et ses lecteurs n’ont qu’une hâte : découvrir la suite de votre beau chemin artistique!

by Valentine

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