Grease : Coup de cœur (Franck)

C’était la foule des grands soirs de première ce 28 Septembre à Mogador. Tapis rouge, perfectos, champagne et pluie de people pour célébrer officiellement la réouverture du théâtre et sa renaissance après le terrible incendie qui avait détruit en partie la scène, les coulisses, et endommagé l’ensemble de ce si beau monument. L’heure de faire la fête, à nouveau, ensemble. Enfin ! Je devais aller voir le Fantôme de l’Opéra, et j’avais promis aux équipes du théâtre dans un message laissé sur les réseaux sociaux que je reviendrai dès la réouverture. Et j’ai tenu ma promesse. C’était d’autant plus possible qu’un nombre limité de places avait été mis à la vente pour cette soirée exceptionnelle où la majeure partie du public était là sur invitation.
Le décor d’attente nous plonge déjà dans l’univers des années 50. La voix de Miss Lynch, la Directrice de Rydell High, retentit pour nous accueillir et nous donner les recommandations d’usage, non sans humour. Et le spectacle commence.
Je ne raconterai pas l’histoire, que tout le monde connait déjà. Nous sommes tout de suite plongés dans l’ambiance de la rentrée à Rydell. Ça chante très bien et ça danse très bien. Et les tableaux se succèdent, tous plus colorés les uns que les autres. Le décor, bien pensé, sert parfaitement la mise en scène, même s’il reste somme toute assez modeste par rapport à ce qu’on a déjà pu voir à Mogador. Mais il n’y a pas besoin de plus. Les lumières sont belles, les enchainements très travaillés et l’énergie déployée par chaque artiste est en tout point remarquable. Je n’ai qu’à écouter autour de moi pour entendre et constater l’enthousiasme du public.
J’apprécie tout particulièrement l’adaptation d’une partie des chansons en français, tout en gardant authenticité de la version originale en anglais pour d’autres (voire le découpage entre les deux au sein d’un même morceau). Un beau travail finement ciselé. Bien sûr que les puristes trouveront à redire, mais pour ma part, je trouve cela absolument parfait. Tout comme j’apprécie également la présence de l’orchestre sur scène (et là, je me prends à rêver d’avoir pu l’avoir aussi pour le Roi Lion, La Belle et la Bête, le Bal des Vampires ou Cats…).
Mention toute particulière aux intermèdes proposés par Miss Lynch (Céline Groussard) et Eugène (Alexandre Faitrouni) dont le duo comique frôle le génie. Ça c’est une belle découverte! Pour le reste, tout est parfaitement huilé. On retrouve la patte de Stage avec un spectacle ficelé au millimètre (voire même au nanomètre…) au point de presque espérer qu’un petit inattendu vienne apporter un peu de frisson et de fantaisie supplémentaire. Mais non. Tout file, défile et se passe à la perfection.
Le second acte est, selon loi, plus punchy que le premier. Le succès est unanime et la standing ovation de rigueur (et largement méritée). Les spectateurs sont enthousiastes et dithyrambiques aux micros des journalistes qui les cueillent à la sortie de la salle. Le succès semble assuré et l’objectif de la soirée est largement atteint. J’ai vraiment passé un très bon moment devant un très beau spectacle.
Et pourtant, j’ai ce petit sentiment d’inachevé… Non pas de déception, le mot serait bien trop fort. C’est bien d’ailleurs la raison qui me fait partager cet avis dans la rubrique coup de coeur. C’était Grease, un très beau Grease. Un magnifique Grease ! Mais au fond, pour moi, ce n’était que Grease, alors que ce que j’apprécie avant tout à Mogador, c’est justement de découvrir des spectacles certes déjà connus au moins de nom (voire cultes à l’international), mais rarement, et même souvent jamais, joués en France. Alors je souhaite vraiment de tout cœur à Stage le plus grand des succès possibles, afin de nous offrir à nouveau, après l’attendu Tom Sawyer en février 2018, des spectacles plus « nouveaux chez nous » et attendus.
Mais, qu’on ne s’y trompe pas, malgré cette petite réserve, amis des Comédies Musicales, des belles voix, de la belle énergie positive, courez à Mogador, surtout si le souvenir de Grease fait palpiter votre petit cœur : vous passerez un moment inoubliable !

Où ?
Théâtre Mogador, Paris

by Franck
Franck, 43 ans, professeur des écoles (Seine et Marne). Ma passion pour l’univers des comédies musicales est née avec Starmania en 1994 au théâtre Mogador. Depuis, elle ne s’est jamais tarie. Elle se partage même en famille, avec ma compagne et mes deux enfants de 13 et 18 ans. En plus de vingt années et plusieurs dizaines de spectacles, j’ai été émerveillé, ému, dubitatif ou déçu. C’est ça le spectacle vivant ! Vous pouvez découvrir ici mes coups de cœur et mes coups de griffe sur certains des spectacles à l’affiche